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Joueur de tennis se tenant l'épaule

Tennis et douleur à l’épaule : Ce que vous devez savoir pour jouer sans blessure

1 mars 2026 • L’Épaule au quotidien

L’épaule, l’une des articulations les plus sollicitées au tennis

Au tennis, la douleur à l’épaule est fréquente : elle apparaît souvent à cause des gestes répétés au-dessus de la tête, surtout au service, et peut toucher aussi bien les joueurs amateurs que l’adolescent compétiteur ou le professionnel. Service, smash, coup droit, revers : l’épaule dominante est sollicitée en permanence, avec des contraintes importantes sur l’articulation, la coiffe des rotateurs et l’ensemble de la chaîne musculaire reliant les jambes, le tronc et le bras.

Les blessures de l’épaule représentent entre 4 % et 17 % de l’ensemble des blessures observées chez les joueurs de tennis (Alrabaa et al., 2020). Les auteurs de cette revue soulignent également que les atteintes de la coiffe des rotateurs sont souvent liées à une sollicitation répétée et progressive plutôt qu’à un traumatisme unique.

La douleur à l’épaule peut donc concerner aussi bien le joueur occasionnel que le compétiteur. Parmi les atteintes et formes de pathologie régulièrement rencontrées figurent les tendinopathies de la coiffe des rotateurs, certaines lésions tendineuses, les conflits de l’épaule, les lésions du labrum ou encore les troubles du contrôle de l’omoplate.

Une revue plus large cite notamment les atteintes de la coiffe des rotateurs et les conflits internes parmi les principales blessures du membre supérieur observées au tennis (Dines et al., 2015).

Comprendre ces mécanismes est utile pour continuer à jouer dans de bonnes conditions, limiter l’aggravation d’une gêne installée et repérer plus tôt les situations qui justifient d’adapter sa pratique. La suite vous aide à identifier les causes fréquentes, les chiffres clés, les mécanismes de blessure, les signes d’alerte, les moyens de prévention et les repères pour savoir s’il vaut mieux poursuivre, alléger ou interrompre temporairement le tennis.

Douleur à l’épaule au tennis : quelques chiffres à connaître

Les données disponibles montrent que l’épaule constitue un véritable enjeu chez les joueurs réguliers et les compétiteurs, dans différentes catégories selon l’âge et le niveau.

Chez les adolescents compétiteurs âgés de 13 à 19 ans, l’étude prospective SMASH a mesuré une incidence d’environ 0,38 nouvelle blessure de l’épaule pour 1 000 heures de tennis, soit approximativement une blessure pour 2 600 heures de pratique dans la population étudiée (Johansson et al., 2022).

Le tennis professionnel n’est pas épargné.

Une étude sur les blessures prises en charge à Roland-Garros, le tournoi parisien, entre 2011 et 2022 a recensé 750 blessures musculosquelettiques chez 687 joueurs (Montalvan et al., 2024).

L’épaule était la deuxième localisation anatomique la plus fréquemment touchée, avec 89 blessures, soit 11,9 % de l’ensemble des blessures recensées.

Parmi les blessures concernant la région épaule-bras, 57 % étaient d’origine tendineuse.

Ces chiffres montrent que, même au plus haut niveau, les douleurs et blessures de l’épaule sont loin d’être marginales.

Pourquoi l’épaule se blesse-t-elle au tennis ?

L’épaule est une articulation extrêmement mobile. Cette mobilité permet notamment de générer la vitesse nécessaire au service et aux frappes au-dessus de la tête, mais elle implique également un important travail de stabilisation musculaire, essentiel à la bonne fonction de l’épaule. Les mouvements répétés au-dessus de la tête peuvent générer d’importantes contraintes sur l’articulation (Van der Hoeven et al., 2006).

Le bon fonctionnement de l’épaule dépend non seulement de la coiffe des rotateurs, mais aussi du positionnement de l’omoplate et de la coordination de toute la chaîne cinétique. Cette approche globale de la sollicitation répétée rejoint plus largement ce qu’on appelle les troubles musculosquelettiques de l’épaule, que l’on retrouve aussi dans des activités très différentes du sport, comme le travail de bureau devant un écran.

La répétition des services et des smashs

Les blessures de la coiffe des rotateurs observées chez les joueurs de tennis sont souvent des blessures de surutilisation. Elles peuvent apparaître progressivement sous l’effet de mouvements répétés et d’une charge importante. Les mouvements répétitifs peuvent provoquer des micro-lésions des tendons (Alrabaa et al., 2020).

Le service constitue notamment l’un des gestes les plus exigeants pour l’épaule. Il s’agit du coup produisant certains des niveaux d’activité musculaire les plus élevés au niveau de l’épaule et de l’avant-bras, avec une forte intensité de sollicitation (Dines et al., 2015). Les tendons des muscles stabilisateurs de l’épaule subissent aussi des microtraumatismes au fil des répétitions.

Un déséquilibre entre les muscles rotateurs

Les joueurs de tennis développent naturellement des adaptations musculaires entre leur bras dominant et leur bras non dominant.

Les muscles réalisant la rotation interne sont fortement sollicités pour accélérer la raquette, tandis que les rotateurs externes jouent notamment un rôle dans le contrôle et le freinage du bras.

Un déséquilibre important entre ces groupes musculaires peut modifier la mécanique de l’épaule. Une revue consacrée à la prévention des blessures de l’épaule chez les sportifs pratiquant des gestes répétés au-dessus de la tête identifie notamment la force des rotateurs externes, la mobilité de l’articulation et le contrôle de l’omoplate comme des paramètres importants à surveiller (Cools et al., 2015). Dans ce type de conflit sous-acromial, un déséquilibre musculaire ou une mauvaise posture peut aggraver la gêne.

Une mobilité réduite en rotation interne

La répétition des gestes de tennis entraîne également des adaptations de mobilité.

Une étude menée auprès de 100 joueurs de tennis professionnels a mis en évidence une association entre un déficit de rotation interne de l’épaule dominante et les antécédents de douleur d’épaule (Vad et al., 2003).

Une autre étude a montré que la rotation interne de l’épaule dominante tendait à diminuer avec les années de pratique (Kibler et al., 1996).

Enfin, une méta-analyse s’est intéressée au lien entre le déficit de rotation interne gléno-humérale, souvent appelé GIRD, et le risque de blessure du membre supérieur chez les sportifs pratiquant des gestes répétés au-dessus de la tête (Keller et al., 2018).

Un mauvais contrôle de l’omoplate

L’omoplate joue un rôle central dans le fonctionnement de l’épaule.

Lorsque son mouvement est altéré, on parle de dyskinésie scapulaire. Elle peut modifier la mécanique de l’épaule et être associée à certaines pathologies de la coiffe des rotateurs, à des conflits ou à une instabilité.

Une revue systématique portant sur 1 401 sportifs a retrouvé une dyskinésie scapulaire chez 61 % des sportifs pratiquant un sport avec des gestes répétés au-dessus de la tête, contre 33 % chez les autres sportifs (Burn et al., 2016).

Cela ne signifie toutefois pas que 61 % des joueurs de tennis blessés présentent une dyskinésie scapulaire. L’étude regroupait plusieurs sports et cette anomalie peut également être observée chez des sportifs sans douleur.

Les travaux de référence sur la dyskinésie scapulaire et la chaîne cinétique soulignent également l’importance du fonctionnement de l’omoplate dans les douleurs et blessures de l’épaule du sportif, avec une coordination du mouvement qui se joue à travers toute la chaîne cinétique (Burkhart et al., 2003).

Une augmentation trop rapide de la charge d’entraînement

Passer brutalement d’un faible volume de tennis à plusieurs entraînements et matchs par semaine peut exposer l’épaule à une charge à laquelle elle n’est pas suffisamment préparée.

Dans l’étude SMASH déjà citée, 301 joueurs de tennis compétiteurs âgés de 13 à 19 ans ont été suivis pendant un an (Johansson et al., 2022). Les chercheurs ont observé que chaque nouveau pic de charge d’entraînement ou de match était associé à une augmentation d’environ 26 % du taux de blessures de l’épaule.

L’enjeu n’est donc pas seulement le nombre total d’heures jouées, mais aussi la vitesse à laquelle la charge d’entraînement augmente.

Quelles sont les douleurs d’épaule les plus fréquentes au tennis ?

La douleur de l’épaule chez le joueur de tennis peut avoir différentes origines.

Parmi les pathologies décrites dans la littérature figurent notamment :

  • la tendinopathie de la coiffe des rotateurs ;
  • les lésions partielles des tendons de la coiffe ;
  • le conflit interne ou sous-acromial ;
  • les atteintes du tendon du long biceps ;
  • certaines lésions du labrum, dont la lésion SLAP correspondant à une atteinte du cartilage stabilisateur de l’épaule ;
  • la raideur de la capsule postérieure ;
  • la dyskinésie scapulaire ;
  • certaines formes d’instabilité de l’épaule.

Dans les tendinopathies de la coiffe des rotateurs, le tendon du muscle supra épineux est le plus souvent touché. Les lésions de la coiffe des rotateurs chez le joueur de tennis ont souvent une phase évolutive initiale progressive, et les ruptures complètes sont davantage observées chez les joueurs plus âgés ; certaines douleurs d’allure neurologique apparaissent aussi plus souvent après 35 ans (Alrabaa et al., 2020).

Le terme « tendinite de l’épaule » reste très utilisé dans le langage courant. Les professionnels de santé parlent toutefois fréquemment de tendinopathie, car une douleur tendineuse persistante ne correspond pas nécessairement à une inflammation pure du tendon.

Quand faut-il s’inquiéter d’une douleur à l’épaule au tennis ?

Une gêne ponctuelle après une séance particulièrement intense ne signifie pas automatiquement qu’une blessure importante est présente, même chez un tennisman.

Certains symptômes doivent néanmoins attirer l’attention :

  • une douleur lors du service ou du smash ;
  • une douleur située sur le côté ou à l’arrière de l’épaule ;
  • une douleur qui persiste après l’entraînement ;
  • une douleur nocturne à l’épaule, qui évoque souvent une inflammation active de l’épaule ;
  • une diminution progressive de la mobilité ;
  • une sensation de faiblesse ou de fatigue inhabituelle du bras ;
  • une perte de puissance au service ;
  • une sensation d’instabilité ou de blocage ;
  • une douleur importante après un geste brutal ou une chute.

La douleur doit notamment être prise au sérieux lorsqu’elle persiste plusieurs jours, s’aggrave, revient systématiquement lors du même mouvement ou s’accompagne d’une perte de force ou de mobilité. Le repos sportif aide à interrompre les microtraumatismes.

Un médecin, un médecin du sport ou un kinésithérapeute pourra rechercher l’origine de la douleur et déterminer si des examens complémentaires sont nécessaires. La gestion de la douleur passe souvent par l’application de glace après l’effort pour aider à gérer la douleur et l’inflammation et, si besoin, par des anti inflammatoires. C’est précisément le champ d’expertise de notre conseil scientifique, qui réunit chirurgiens, médecins du sport et kinésithérapeutes.

Comment prévenir les blessures de l’épaule au tennis ?

Il n’existe pas de méthode permettant de supprimer totalement le risque de blessure. Plusieurs mesures peuvent toutefois aider à mieux préparer l’épaule aux contraintes du tennis. Un échauffement dynamique spécifique avant de jouer fait partie des repères utiles, et 10 à 15 minutes sont généralement recommandées pour réduire le risque de blessure à l’épaule. Une raquette adaptée peut aussi limiter les contraintes sur l’épaule. En dehors des séances, un bon soutien de l’épaule au repos, par exemple avec un coussin ergonomique d’épaule, contribue au confort et à une position de repos plus adaptée entre deux entraînements.

1. Augmenter progressivement sa charge de tennis

Évitez les changements brutaux de volume.

Si vous reprenez après plusieurs semaines d’arrêt, mieux vaut reconstruire progressivement le nombre et l’intensité des entraînements et le retour sur les courts, plutôt que de reprendre immédiatement votre ancien rythme. Une association a justement été montrée entre les pics successifs de charge de tennis et l’augmentation du taux de blessures de l’épaule chez les jeunes joueurs compétiteurs (Johansson et al., 2022).

2. Entretenir la mobilité de l’épaule dominante

Le tennis entraîne fréquemment une diminution de la rotation interne du bras dominant.

Chez certains joueurs, un travail individualisé de mobilité peut être pertinent afin de conserver une amplitude adaptée. Une association a notamment été retrouvée entre limitation de la rotation interne et antécédents de douleur d’épaule (Vad et al., 2003).

Cela ne signifie pas pour autant qu’une différence de mobilité entre les deux épaules est systématiquement pathologique.

3. Renforcer la coiffe des rotateurs et les stabilisateurs de l’omoplate

Le travail de prévention ne consiste pas uniquement à « muscler l’épaule ».

Il peut notamment intégrer les rotateurs externes, les muscles de la coiffe des rotateurs et les muscles responsables du contrôle de l’omoplate. Cette même revue identifie notamment la rotation interne de l’épaule, la force de la coiffe des rotateurs et le contrôle scapulaire comme des paramètres importants (Cools et al., 2015).

4. Travailler toute la chaîne du mouvement

Un bon service ne repose pas uniquement sur le bras.

Des exercices ciblés de renforcement doivent aussi être réalisés de manière contrôlée, sans douleur, pour maintenir une bonne stabilité de l’épaule et de l’omoplate dans l’ensemble du corps.

Les jambes produisent une partie de l’énergie, le tronc la transmet, l’épaule accompagne cette énergie et le poignet assure la transmission finale des forces vers la raquette.

Lorsque l’un des éléments de cette chaîne fonctionne moins efficacement, l’épaule peut être davantage sollicitée. Les travaux de référence sur la biomécanique de l’épaule au tennis soulignent l’importance de cette coordination dans le transfert des forces vers le membre supérieur (Kibler, 1995).

Le travail des jambes, du tronc et des muscles stabilisateurs fait donc également partie de la préparation du joueur pour préserver la qualité du geste et la performance sportive.

5. Soigner sa technique de service

Un geste inefficace répété plusieurs centaines ou milliers de fois peut augmenter inutilement les contraintes sur l’épaule, surtout si le placement du bras et du corps au service est inadéquat.

Le service étant particulièrement exigeant pour cette articulation, il est indispensable de faire contrôler par un entraîneur :

  • le lancer de balle ;
  • la coordination jambes-tronc-bras ;
  • la position du bras par rapport au niveau de l’épaule ;
  • le rythme du service ;
  • le relâchement pendant le geste.

Un défaut technique au service peut aussi favoriser des gênes à l’épaule, voire au coude. Cette même revue souligne l’importance de la chaîne cinétique et de la coordination dans les gestes de tennis (Dines et al., 2015).

6. Prévoir de vraies périodes de récupération

La fatigue et l’accumulation des matchs peuvent modifier temporairement les capacités de l’épaule.

Une étude a observé qu’après un match, la force isométrique en rotation externe de l’épaule dominante diminuait d’environ 4,8 % (Moreno-Pérez et al., 2019).

Une autre étude, menée sur un match de trois heures, a également retrouvé des modifications de la rotation interne et de l’amplitude totale de l’épaule au cours du match (Martin et al., 2016).

La récupération fait donc partie intégrante de l’entraînement, particulièrement lorsque le volume de matchs ou de services augmente.

Peut-on continuer à jouer au tennis avec une douleur à l’épaule ?

Cette question relève avant tout de votre médecin traitant ou d’un médecin du sport, qui pourra vous répondre selon le diagnostic établi. Tout dépend de l’origine, de l’intensité et de l’évolution de la douleur.

Une gêne légère et ponctuelle n’a pas la même signification qu’une douleur qui augmente à chaque service ou qui persiste au repos et pendant la nuit.

Continuer à jouer malgré une douleur importante peut également conduire le joueur à modifier involontairement son geste pour compenser. Cela peut aggraver la situation, voire entraîner d’autres pathologies ailleurs sur le corps.

En cas de douleur persistante, il est préférable de faire identifier son origine avant d’augmenter à nouveau la charge d’entraînement.

La prise en charge dépend ensuite du diagnostic. Pour de nombreuses douleurs liées à la coiffe des rotateurs ou à la surcharge, elle peut notamment reposer sur une adaptation temporaire de l’activité et un programme progressif de rééducation comprenant mobilité, renforcement et travail de la chaîne cinétique, avec si besoin de la kinésithérapie pour aider à stabiliser l’épaule.

La chirurgie n’est pas systématique : elle reste rare et n’est envisagée qu’en dernier recours pour traiter les douleurs d’épaule chez le joueur de tennis. Elle concerne certaines lésions particulières, peut être indiquée en cas de rupture tendineuse, ou des situations dans lesquelles une prise en charge conservatrice adaptée ne suffit pas ; l’arthroscopie est une technique fréquemment utilisée et une rééducation post-opératoire est ensuite essentielle.

Douleur à l’épaule la nuit après le tennis : pourquoi ?

Certains joueurs ressentent particulièrement leur douleur lorsqu’ils se couchent, notamment lorsqu’ils dorment directement sur l’épaule sensible.

Une douleur nocturne peut être observée dans différentes pathologies de l’épaule, notamment certaines atteintes de la coiffe des rotateurs, mais elle ne suffit pas à établir à elle seule un diagnostic.

Lorsque l’épaule est douloureuse, l’objectif est avant tout de trouver une position qui limite les contraintes et reste confortable. L’Assurance Maladie conseille notamment, en cas d’épaule douloureuse, d’éviter de dormir sur le côté concerné et de placer le bras sur un oreiller positionné sous l’avant-bras.

Ce positionnement peut être particulièrement intéressant lorsque l’épaule reste sensible après un entraînement ou un match. Ce phénomène, qui dépasse largement le cadre du tennis, est détaillé dans notre article sur les douleurs d’épaule qui réveillent la nuit. Au-delà de l’épaule elle-même, les répercussions d’un sommeil dégradé sur la santé au quotidien sont abordées dans notre article sur les troubles du sommeil.

Ce qu’il faut retenir

La douleur à l’épaule est fréquente au tennis parce que ce sport associe vitesse, répétition, puissance et mouvements importants au-dessus de la tête.

Pour résumer les repères chiffrés : 4 à 17 % des blessures liées au tennis concernent l’épaule (Alrabaa et al., 2020). À Roland-Garros, l’épaule représentait 11,9 % des blessures musculosquelettiques recensées entre 2011 et 2022 (Montalvan et al., 2024). Chez les jeunes joueurs compétiteurs, les pics de charge d’entraînement sont associés à une augmentation du taux de blessures de l’épaule (Johansson et al., 2022). Enfin, la mobilité de l’épaule, la force de la coiffe des rotateurs et le contrôle de l’omoplate restent les trois paramètres à surveiller en priorité (Cools et al., 2015).

La prévention repose donc avant tout sur une combinaison de progressivité de l’entraînement, technique, renforcement, mobilité adaptée et récupération et échauffement de qualité.

Et lorsqu’une douleur persiste, s’aggrave ou limite les mouvements, mieux vaut la faire évaluer par un professionnel de santé plutôt que de continuer à jouer dessus.

Retrouvez l’ensemble de nos articles sur l’épaule au quotidien dans notre Observatoire de l’épaule et du sommeil.

Questions fréquentes sur la douleur à l’épaule au tennis

Pourquoi ai-je mal à l’épaule après avoir joué au tennis ?

La répétition des services, smashs et autres frappes peut progressivement solliciter la coiffe des rotateurs et les autres structures de l’épaule. Une augmentation récente du volume ou de l’intensité de jeu peut également favoriser l’apparition de douleurs.

Quelle est la blessure d’épaule la plus fréquente au tennis ?

Les atteintes de la coiffe des rotateurs, notamment les tendinopathies du tendon sus épineux et certaines lésions partielles, font partie des pathologies fréquemment décrites chez les joueurs de tennis (Alrabaa et al., 2020).

D’autres causes sont possibles : conflit, lésion du labrum, raideur postérieure, trouble du contrôle de l’omoplate ou instabilité.

Le service peut-il provoquer une douleur à l’épaule ?

Oui. Le service est l’un des gestes les plus exigeants du tennis pour l’épaule, celui qui produit certains des niveaux d’activité musculaire les plus élevés au niveau de l’épaule et de l’avant-bras (Dines et al., 2015).

Comment prévenir une tendinopathie de l’épaule au tennis ?

La prévention peut notamment passer par une augmentation progressive de la charge de jeu, une mobilité adaptée, le renforcement de la coiffe des rotateurs et des muscles contrôlant l’omoplate, ainsi qu’un travail technique du service. L’étude SMASH souligne notamment l’importance de limiter les pics brutaux de charge chez les jeunes joueurs compétiteurs (Johansson et al., 2022).

Quand consulter pour une douleur à l’épaule au tennis ?

Une consultation est recommandée si la douleur persiste, augmente malgré une diminution de l’activité, survient régulièrement la nuit, s’accompagne d’une perte de force ou de mobilité, ou empêche de servir et de jouer normalement et un patient restant douloureux malgré le repos peut alors être orienté vers un spécialiste. En cas de lésion complexe ou persistante, l’avis d’un chirurgien peut être utile, d’autant qu’une chute sur le court peut parfois s’accompagner d’une blessure de cheville justifiant une évaluation globale.

Sources

  • Alrabaa et al., 2020. Rotator Cuff Injuries in Tennis Players. Current Reviews in Musculoskeletal Medicine. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7661672
  • Assurance Maladie. Vivre avec une épaule douloureuse chronique. ameli.fr.
  • Burkhart et al., 2003. The disabled throwing shoulder: spectrum of pathology, part III: the SICK scapula, scapular dyskinesis, the kinetic chain, and rehabilitation. Arthroscopy. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12861203
  • Burn et al., 2016. Prevalence of Scapular Dyskinesis in Overhead and Nonoverhead Athletes: A Systematic Review. Orthopaedic Journal of Sports Medicine. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26962539
  • Cools et al., 2015. Prevention of shoulder injuries in overhead athletes: a science-based approach. Brazilian Journal of Physical Therapy. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4647145
  • Dines et al., 2015. Tennis injuries: epidemiology, pathophysiology, and treatment. Journal of the American Academy of Orthopaedic Surgeons. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25667400
  • Johansson et al., 2022. Association Between Spikes in External Training Load and Shoulder Injuries in Competitive Adolescent Tennis Players: The SMASH Cohort Study. Sports Health. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34693828
  • Keller et al., 2018. Glenohumeral Internal Rotation Deficit and Risk of Upper Extremity Injury in Overhead Athletes: A Meta-Analysis and Systematic Review. Sports Health. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5857737
  • Kibler, 1995. Biomechanical analysis of the shoulder during tennis activities. Clinics in Sports Medicine. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7712559
  • Kibler et al., 1996. Shoulder range of motion in elite tennis players. Effect of age and years of tournament play. American Journal of Sports Medicine. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8734876
  • Martin et al., 2016. Influence of Playing a Prolonged Tennis Match on Shoulder Internal Range of Motion. American Journal of Sports Medicine. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27184541
  • Montalvan et al., 2024. Epidemiology of Musculoskeletal Injuries in Tennis Players During the French Open. Orthopaedic Journal of Sports Medicine. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38617888
  • Moreno-Pérez et al., 2019. Acute effects of a single tennis match on passive shoulder rotation range of motion. PLoS One. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30978212
  • Van der Hoeven et al., 2006. Shoulder injuries in tennis players. British Journal of Sports Medicine. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16632575
  • Vad et al., 2003. Hip and shoulder internal rotation range of motion deficits in professional tennis players. Journal of Science and Medicine in Sport. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12801212